Bryson Dechambeau, le pacificateur !

Bryson Dechambeau exultant après sa victoire à l’US Open 2024 (source PGA Championship 2024)

Il avait tout pour être agaçant… Il s’est fait connaitre des Français, en perdant chez les amateurs, en finale de la Georgia Cup (finale amateur entre le vainqueur de l’US Open et The Open), face à notre Romain Langasque national. Ensuite, son début de carrière sur le PGA Tour et sa casquette retro on fait le reste. Tu aimais ou tu détestais le Bryson. Mais, depuis son départ surprenant vers le LIV Tour et sa mue, à la fois dans sa communication et dans son jeu, le Bryson n’est plus le même. Ses dernières performances en Majeurs, auréolées par une victoire au dernier US Open semble montrer que le golf à besoin d’un « nouveau » Bryson Dechambeau.

US OPEN 2020

Bryson Dechambeau, US Open 2020 (source Rolex)

Sa carrière professionnelle sur le PGA Tour, débutée en avril 2016, ne tarde pas à décoller. En effet, entre 2017 et 2020, il gagne 6 fois sur le PGA Tour. Le Bryson, transformé musculairement (voir bodybuidlé pour certains) remporte son premier majeur, lors du 12Oième US Open (Winged Foot). Il suit une tactique simple : envoyer des énormes Drives, pour avoir un second coup beaucoup plus simple et donc des opportunités de birdies. Celles-ci, sont assez logiquement converties grâce à sa technique de putting (et son putter). Il finira par gagner avec 6 coups d’avance sur le second, un certain Matthew Wolff.

Bryson et Matthew en pleine lecture lors du dernier tour de l’US Open 2020 (source Rolex)

A partir de là, les golfeurs étaient partagés, par sa transformation physique, son jeu parfois lent (ex : lecture des putts), ses mimiques sur le parcours… Bref, les positions étaient tranchées. Ça ne s’est pas amélioré, avec ses déclarations en novembre 2020, sur le parcours de l’Augusta National (i.e. c’est un par 67, sic).

Malgré cela, le Bryson continue son bonhomme de chemin et remporte en 2021, le « Arnold Palmer Invitational« . Mais, le clivage ne va qu’augmenter à la suite du « cut » manqué à The Open, lorsqu’il déclare que son matériel, en l’occurrence son Driver est merdique… Bryson s’excusera quelque jours après.

« That’s what I said a couple of days ago; if I can hit it down the middle of the fairway, that’s great, but with the driver right now, the driver sucks. »

Bryson Dechambeau, The Open 2020

La réponse du Manager de Cobra, son équipementier de l’époque:

« It’s just really, really painful when he says something that stupid. He has never really been happy, ever. Like, it’s very rare when he’s happy »

Ben Schomin, 2020

Bref, les dés sont jetés, tu aimes ou tu détestes Bryson Dechambeau. En fait pas tout à fait, puisque le Bryson surprend tout le monde début 2022 en s’engageant pour le Tour concurrent : le LIV Tour.

2022, l’année noire

Bien évidemment, pour nous petit « frenchies », ce mouvement s’apparente plus à un transfert bien réussit en termes financiers qu’autre chose. Ce n’est pas tout à fait la même chose aux USA, les gracieux sponsors (ex : Rocket Mortgage) coupent les contrats, et les associations des victimes du 11 septembre (911familiesunited.org) envoie une lettre bien sentie aux représentant du Bryson. Ambiance !!!

L’année 2022, s’achève pour Bryson par un décès particulièrement douloureux. Le 5 novembre, il annonce sur les réseaux sociaux, le décès de son père.

2024, la renaissance

Le « nouveau » Bryson, célébrant sa victoire à l’US Open (2024) avec les fans (source PGA Championship 2024)

C’est sans doute, après le Masters 2023 que la transformation a eu lieu. Le Bryson a perdu du poids et a reconnu que sa recherche de puissance avait été néfaste pour sa santé notamment en raison de son régime alimentaire. Pour autant, il n’a pas vraiment perdu en distance de Driving (même si la précision est moins bonne) et le reste de son jeu est revenu à ce qu’il faisait à sa grande époque, en 2018. Ça s’est d’ailleurs traduit, par plusieurs victoires sur le LIV Tour.

Le Bryson « nouveau » est donc arrivée en 2024 avec une grande confiance et une envie de bien faire dans les Majeurs. « Nouveau », parce que c’est la partie immergée de l’iceberg qui est apparue. Mais, Bryson n’a jamais cessé de partager sa passion golfique au travers des réseaux sociaux et notamment sur Youtube. Je vous invite à regarder ses vidéos, notamment sur ses entrainements, c’est assez nouveau qu’un athlète de ce niveau partage et explique sa manière de s’entrainer. Le Bryson, au travers de ses expériences de « Youtubeur », apprend rapidement à jouer et interagir avec une camera. Ca va être une de ses forces pour retourner la planète golfique.

Masters 2024

Bryson sur le 16 lors du premier tour du Masters 2024 (source : Thomas Lovelock/Augusta National)

Le Masters 2024, est la première pierre à l’édifice de la reconstruction. Son premier tour, est un 65 d’une grande maturité. A revoir, tellement ca parait simple ! Malgré cette performance, il n’oublie par ses précédentes déclarations sur Augusta.

« I have a level of respect for this golf course slightly different from a few years ago. Clearly, today was a great test of golf, and I was able to conquer a very difficult golf course today. On the ‘67’ comment, you know you mess up. I’m not a perfect person. Everybody messes up. You learn from your mistake, and that was definitely one.”

Bryson Dechambeau, Maters 2024

Ca ne suffira pas pour gagner le Masters 2024, notamment à cause d’un horrible double bogey, sur le 15, et de nombreux trois putts, lors du troisième tours. La raison, le Bryson à fait du Bryson « old school » en pensant qu’il pouvait faire un « hook » de plus de 150 mètres pour contourner les arbres… Il finira quand même ce troisième tour par un coup de fer rentré pour faire un birdie au 18 !!

PGA Championship 2024

La deuxième pierre à l’édifice, le PGA Championship, c’est même la véritable renaissance du Bryson. Le garçon, va dans la continuité de son Masters, produire trois premiers tours de golf de grande qualité. Il va même y ajouter des moments d’Entertainment en rentrant des chip-in aux meilleurs moments en gratifiant le public et bien sur les caméras de ses « fists-pump » énergiques.

Le Bryson, jouant un golf de haut niveau, en a profité pour continuer à se mettre le public dans la poche, avec bien sur des gros Drives. Mais surtout, un jeu de fer et un putting merveilleux. En cas d’erreur, il pouvait compter sur un petit jeu efficace voir enthousiasment pour le public.

Résultat, un Bryson, confiant mais humble se présente en conférence de presse à l’issue du troisième tour. Tout en expliquant très clairement, comment il s’est mit les fans dans la poche:

La conférence de Bryson à l’issue de son troisième tour.

Après un dernier tour de folie, le titre se jouera sur le green du 18, avec un dernier putt rentré par
Xander Schauffele pour faire birdie et garder un coup d’avance sur Bryson. Le tout, sous ses yeux, alors qu’il est resté au practice en cas de « play-off ».

Acceptant, sans doute difficilement la défaite, Bryson va féliciter immédiatement son adversaire
Xander Schauffele. Un « gentelman », je vous dis.

L’US Open 2024, l’aboutissement

Bryson lors du dernier tour de l’US Open 2024 (source US Open 2024)

Ses trois premiers tours (67,69, 67) lui donnent trois coups d’avance sur ses poursuivants : Rory, Patrick Cantlay et Mathieu Pavon.

Le golf produit par Bryson Dechambeau est dans la continuité de ses deux précédant majeurs : des Drives (en moyenne sur les 4 tours) de 308 mètres mais seulement 57% des fairways touchés, 65% des greens touchés en régulation….avec 17 birdies sur le tournoi.

On voit et on ressent que ce garçon est en pleine confiance et interagit de façon permanente avec le public.

Bryson en parfais stratège communique avec le public (source US Open 2024)

Malgré un dernier tour crispant, Dechambeau fait son premier trois putts du tournoi sur le 15 et Rory se « crash » tout seul. L’américain va gagner cet US Open 2024. Le Bryson n’aura plus qu’a faire le par sur le 18 avec une sortie de bunker de grande classe.

Arès une semaine de beau jeu, de fist-pump et de communication avec le public : Bryson Dechambeau remporte son deuxième US Open qu’il dédiera immédiatement à son père.

Le nouvel animateur du Golf

Pendant ses trois premiers majeurs, Bryson Dechambeau a retourné le public en communiquant avec lui, soit directement soit au travers des cameras qu’il sait parfaitement utiliser. Pendant, ces trois premiers majeurs, on a plus parlé de cette « guerre larvée » entre le PGA Tour et le LIV Tour, on a vu de très belles parties de golf et on a été enthousiasmé par cette énergie « Brysonnesque ».

Cette énergie du Bryson !!

Il est un magnifique exemple de pacificateur. En changeant sa communication, son jeu, il a emmené ce qui manque un peu au PGA Tour, de l’enthousiasme et un peu de folie. Il a mis tout le monde d’accord sur son niveau de golf et a enthousiasmé la planète golf par sur son attitude positive même lors de situations délicates (ex : défaite au PGA Championship). A contrario, aussi immense que soit Rory, il me semble pas qu’il soit resté, à l’issue de sa défaite à l’US Open, pour féliciter Bryson Dechambeau.

Est-ce que les différents entre le LIV Tour et le PGA Tour se régleront un jour ? Je ne sais pas mais je l’espère pour le golf, qu’on parle enfin de jeu. En tout cas, Bryson Dechambeau a participé, par son engagement total dans le jeu du golf, à pacifier le temps de trois majeurs ce sport que j’aime temps.

Je sais qu’il n’a pas passé le « cut » à The Open. Mais pour ceux qui ont suivi ce Majeur, Bryson avait clairement un superbe attitude et il n’a pas mis en cause son équipement…

La Victoire à tout prix!

Xander s’impose (enfin) en Majeur.

Il est évident que la dernière édition du PGA Championship (13-19 mai 2024) marque un tournant dans l’histoire du golf. En effet, la disparition progressive des anciennes grosses pointures, la confirmation de nouvelles ainsi que le dénouement sur le green du 18 lors du dernier tour n’y sont pas étrangers. La victoire, enfin attendue, de Xander Shauffelle, a été, je pense un soulagement pour les amoureux de ce sport, tant il tournait autour. Reste que cette victoire, comme beaucoup d’entre elles, s’est dessinée difficilement mais surement lors de ce dernier tour.

Cette « nouvelle génération » était prête pour ce quatrième tour.

Bien que le climat des premiers tours, ait joué un bien mauvais tours aux organisateurs (fairway et greens très réceptifs), les 8 dernière parties du dimanche étaient en mesure de remporter ce deuxième majeur de l’année. Ce final inédit regroupait principalement cette nouvelle génération de golfeur talentueux, pour certains déjà vainqueur de majeur, si bien « markété » par le PGA Tour. A l’exception, de Justin Rose et Dean Burmester qui faisaient figure d’ancien. L’excitation était totale et la promesse de voir un dernier tour de qualité …

Un duel a trois.

Très rapidement, Sahith Theegala, va déjouer complètement en début de partie et ne plus être un prétendant au titre. Finalement, ce joueur si sympathique aura été sur la continuité de son troisième tour, très nerveux et s’agaçant rapidement dès un coup raté.

Même si Justin Rose a fait espérer tous les européens d’une nouvelle victoire en majeur après un très bon allé. Il n’a pas confirmé par la suite.  Son partenaire du jour Robert MacIntyre, nouveau dans cette exercice de prétendant au titre, n’enquillera pas assez de « birdie » et fera quasi du surplace.


« Évidemment, la Ryder Cup était un peu plus difficile mais j’avais des coéquipiers pour me soutenir. Cette fois, c’est moi et Mike, mon cadet. Nous nous battons autant que nous le pouvons. Je vais devenir nerveux mais tout ce que je peux faire, c’est faire de mon mieux et voir où nous en arriverons. Si j’ai une chance, j’ai une chance, et alors nous pourrons commencer à penser à gagner un tournoi de golf. »

Robert MacIntyre

Enfin, Shane Lowry, qui  avait fait le tour le plus bas en Majeur la veille, s’est agacé très fortement sur le premier par 5. Après avoir manqué le greeen, il a quand même réussit a faire le par. Ensuite il a salement « bogeyé » le par 3 suivant. La suite n’a pas été à la hauteur. Bref, il semble avoir lâché mentalement sur le retour.

Très discret, comme toujours, le belge Thomas Detry, après avoir réalisé trois premiers tours de grande qualité a posté un denier tour sous le par (sans bogey) mais trop loin des trois leaders pour les inquiter. C’est son premier TOP 5 en majeur.

« Ce fut une journée riche en émotions. Et je suis très fier de la manière dont je l’ai gérée. Je ne vais pas le cacher, mais j’ai eu du mal, dans le passé, dans certaines situations stressantes. Et là, je vois que tout ce que l’on a travaillé avec mon équipe et ma femme, pour rester dans le présent, fonctionne vraiment bien. C’est chouette. Je savais que cela allait scorer bas aujourd’hui, après la pluie de ce début de semaine, et avec un rough pas si épais finalement. Et que cela se gagnerait à -20 ou -22. J’ai fait quelques bons saves en début de parcours, puis de chouettes birdies au 7 et au 8 pour lancer la journée. Et j’ai bien géré la fin, avec deux autres birdies au 16 et au 18.« 

Thomas Detry

Un duel à trois.

Xander et Viktor sur le green du 13 lors du PGA Championship

Rapidement Xander, Bryson et Vicktor vont prendre la tête du tournoi en décrochant le reste de leur adversaire. En particulier, Colin Morikawa revenue au tous premier plan depuis plusieurs semaines ; mais incapable, ce dimanche, de mettre un seul putt.

C’est d’ailleurs ces trois là qui vont véritablement animé ce derniers tours et le rendre si excitant. Ce dernier tour a finalement montré trois choses importantes :

  • Xander a finalement construit sa victoire pendant les 3 premiers tours et aussi lors du derniers tour. Notamment en réalisant des putts difficiles pour sauver des pars ou en réalisant ce qu’il maîtrise si parfaitement les approches putts.
  • Viktor a montré, ce que l’on connaissait, un « driving » au top, un bon jeu de fer et des putts parfois bien enquillé. Tout en sobriété mais efficace.
  • Bryson, a pour sa part continué à mettre le feu sur le parcours. Avec sa puissance de feu au « driving », la suite se montrait plus simple sur ce type de parcours.

BRYSON a changé

Le Bryson « nouveau » arrivant sur le 18, lors du 4ième tour du PGA Championship 2024.

Ce PGA Championship a montré un Bryson beaucoup moins arrogant. Il est arrivé sur sa lancé du Masters, où il avait déjà très bien joué. Il aurait sans doute encore mieux fait s’il n’avait pas tenté un coup quasi impossible (un « hook » de 40 mètres) sur le 15 lors du 3ième tour…

Ceci étant dit, il est monté en régime, progressivement au fil des tours. Lors du troisième tour, sa superbe approche rentré au 18 pour « eagle », l’a définitivement positionné comme un potentiel vainqueur. A cette occasion, il s’était mis le public dans la poche grâce à un magnifique « fist pump ».

Il faut dire que le bonhomme est armé pour ce genre de parcours avec son « driving » et une météo local qui a grandement aidé à garder la balle sur les fairway. Après ses approches et son putting ont fait le reste. Mais surtout, le Bryson, s’est rapidement mit le public dans la poche en développement son côté « entretainner » du golf mondial.

Il sera passé par loin d’une deuxième victoire en majeur et aura fait tous ce qu’il faut pour se donner un chance.

Le dénouement sur le 18.

Xander saluant la foule sur le 18 du PGA Championship

Les premiers a arriver sur le green du 18 sont Viktor Hovland et Bryson Dechambeau. Bryson putt le premier et le rentre pour -20 et se donne une chance de disputer un éventuel playoff. Viktor Hovland est quelque seconde plus tard dans la même situation. Malheureusement, il va faire un très vilain 3 putts qui le sort immédiatement de l’équation.

Arrive ensuite, la paire Xander Schauffele et Colin Morikawa. La balle de Xander n’est pas dans le bunker mais le lie l’oblige a avoir les pieds dans le bunker. Il va jouer remarquablement bien son coup de Fer 6 pour se donner une approche facile et un putt pour le -21 de la victoire. En parallèle toutes les TV montrent le Bryson s’échauffant au « practice » en regardant les pérégrinations de Xander sur le 18.

Cette fois-ci, Xander, comme le reste de sa journée ne tremblera pas et rentrera le putt de la victoire.

Bryson, montrera sa classe en allant saluer et féliciter Xander avant que celui-ci file au « recording ».

Pour le reste…

Un dernier tour, sans putting, pour Collin

Finalement, le reste n’a que peu de gout. Bien sur, comme à chaque Majeur, les médias ont voulu nous vendre un retour de Tiger… Mais il semble tellement loin d’un niveau nécessaire pour briller en majeur. Entre son manque de rythme, à cause d’un calendrier alléger, et son boitement bas sur le parcours ; on ne se s’est quelle raison donner à cette mauvaise performance.

Un peu plus inquiétant, le premier tour de Jon Rahm, on a vu un joueur dans la continuité de son Masters semblé être mécontent d’être là. Mais surtout produire un jeu d’un niveau alarment. Souhaitons, qu’il retrouve ses esprits et qu’il redevienne le joueur performant que l’on  connu.

Enfin, le jeune prodige Aberg, n’était pas suffisamment dans le rythme et peut être aussi pas assez remis de sa légère blessure au genou survenu les semaines précédentes.

Non, je n’évoquerais pas Rory qui a toujours autant de mal en majeur… Enfin, Brooks Koepka a battu un triste record il a fait un tour au dessus du par en Majeur pour la première fois depuis bien longtemps….

Bref un superbe PGA Championship qui nous a fait vibrer et retrouver l’ essence de la compétition de golf. Pour un fois la gueguerrre entre le LIV et le PGA Tour est passé au second voit troisième rideau.

Golf en Touraine

Les week-ends sont propices, aux Parisiens, pour s’échapper de la grisaille et foncer vers de nouvelles terres golfiques. Les derniers week-ends de mars (2024) n’étant pas très engageant en termes de météo, j’ai hésité avant de m’engager sur les routes. C’est toujours le premier pas qui est important. Ainsi, j’ai pris la direction de Tours pour découvrir deux golfs.

Le paysage golfique de Touraine

Dans le temps limité, c’est-à-dire deux jours, l’idée était de sélectionner deux parcours de cette magnifique région. En effet, si je n’oublie personne, il y a quatre golf :

Sachant, qu’en préparant ce séjour, je suis tombé sur une offre que je ne connaissais pas, le golf d’intérieur sur simulateur : Golf et Vous. Bref, jouer sur les plus beaux parcours à travers le monde, mais sur simulateur. Je n’ai pas eu le temps de tester.

Après, comment sélectionner deux parcours ? J’ai simplement tiré au sort, et le destin m’a donc conduit à faire un 18 trous au Golf de Touraine (le samedi) et un 9 trous (le dimanche) au Golf Bluegreen Tours-Ardrée.

Le golf de Touraine

Le par 3, trou n°3

La réservation du « green fee » ainsi que la prise en compte des différentes informations sont très largement facilitées par un site web bien conçu et claire.

La première impression est que ce très bel endroit respire le golf. En effet, il y a des familles, des enfants… un peu partout dans les différentes zones d’entrainement. Ce qui, pour moi, est particulièrement rassurant et semble assurer une certaine pérennité à ce sport que j’aime temps.

J’ai joué seul ce 18 trous, sans m’intégrer dans une partie, pour pouvoir découvrir le parcours par moi-même. Le constat est sans appel, c’est un très beau parcours varié et très bien intégré dans la nature. Une fois ce constat fait qu’est ce que l’on a au menu des golfeurs :

  • Des greens à l’ancienne, c’est à dire petits ;
  • De très beaux par 3 (3, 6, 10 et 16), qui vont tester votre jeux de fer, avec une mention spéciale pour le 16 qui est loin d’être évident à jouer lorsqu’il y a du vent ;
  • Des par 5 (quatre) où manier le driver, avec puissance et précision, est quasi obligatoire ;
  • Des par 4 originaux en « dot-leg » droit ou gauche ou rectiligne dans lesquels il faut surtout faire preuve d’adresse ;
  • Des départ en aveugles sur plusieurs trous qui pimentent le jeu ;
Le green du 12, pour moi, le par 5 « signature » de ce parcours

Bref, une grande variété de trous parfaitement intégrés dans la nature. Par ailleurs, l’entretien est très bon, avec des messages de sensibilisations/rappels de l’étiquette du golfeur, des greens (bien qu’encore un peu gras) et des bunkers parfaitement entretenus. Et surtout les abords des fairways sont très bien entretenus, donc on retrouve rapidement sa balle.

Enfin, comme évoqué plus haut, les zones d’entrainement sont suffisantes et bien entretenues. Mais, le golf propose une originalité que je n’ai pas eu le temps de tester ; une zone privative d’entrainement avec Trackman et zone d’approche. Ca sera pour la prochaine fois.

Le par 3 du 16, un « monstre » à jouer si le vent se lève

Le golf Bluegreen Tours-Ardrée

Le par 3 du trou n°8

J’ai ensuite joué le dimanche, un 9 trous au golf de Tours Ardrée. Ce parcours, au nord de Tours, a un accueil qui est, pour le coup, moins familiale. Dont le practice, assez petit en termes de postes, la zone de « chipping » et le putting green sont séparés du club house par un grand parking. Les zones d’entrainement sont assez petites mais sont suffisantes pour s’échauffer avant un parcours.

Globalement, sur ces 9 trous, je retiendrais surtout les par 3 de l’aller (2, 6 et 8) qui sont intéressant et beaux ; surtout le 8. Après les par 4 m’ont paru assez classiques et rien d’extraordinaire. Sans doute aussi pénalisé par le drainage insuffisant des fortes pluies tombés les dernières semaines. Par exemple, sur le trou 5, le fairway n’avait pas été tondu, donc ce n’a pas été évident de retrouver sa balle. La tonte a du être interrompue à cause des sols détrempés. Enfin, le 4, le par 5 de l’aller est assez impressionnant, avec de l’eau à gauche, la forêt à droite et un dévers à gérer.

Par 3 du trou n°6

Conclusion

Ce séjour en Touraine à porté toutes ces promesses. C’est à dire découvrir de nouveaux parcours avec des tracés variés. Vous l’aurez bien compris, j’ai une préférence pour le golf de Touraine. Cependant, comme je n’ai pas pu faire un 18 trous sur le parcours de Tours-Ardrée, mon avis est quelque peu biaisé. Je vous encourage, de toute façon, a vous faire un avis par vous même en jouant ces deux parcours.

THE GOLFIEST

MERCI VICTOR !!!

Alors que j’ai l’impression d’avoir été pris pour un idiot, par un des plus grands joueurs européens, Jon Rahm. Il est utile de rappeler que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Avec le recul, ce n’est pas la nouvelle golfique la plus triste de ces dernières semaines. En effet, l’annonce surprise de la retraite professionnelle de Victor Dubuisson, m’a passablement sonnée. Surprise, pas vraiment lorsque l’on connait, un peu, le caractère de l’homme. Cependant, la tristesse était bien présente puis a disparu, absorbée par les petits problèmes du quotidien. Alors, je souhaite prendre le temps de lui dire MERCI.

Merci d’avoir montré que la France, petit pays de golf, arrive à sortir des talents mondiaux

Victor, en 2013, à Saint-Quentin-en-Yvelines. —  (source :MEUNIER AURELIEN/SIPA)

L’attente générée, par Victor Dubuisson, lors de sa carrière d’amateur a été grande. Et pour cause, un palmarès déjà prometteur, jamais encore égalé par un « frenchie ». Bien évidement, même si quelques performances nous permettaient parfois de bomber le torse (ex : Grégory Havret 2ième à l’US Open 2010), les résultats du golf français étaient mornes.

Bref, on ne voyait pas vraiment de joueurs en mesure de percer ce fameux plafond de verre des 50 premiers mondiaux. Alors lorsque l’espoir, Victor Dubuisson, a été mis en avant par différents médias, beaucoup de golfeur français se sont mis à rêver en grand. En effet, la France est loin, en terme de pratiquant, derrière des pays comme l’Angleterre, les USA ou encore certains pays d’Asie. La suite à montré que ces doux rêveurs n’avaient pas complètement tord.

Merci pour tes victoires sur le Tour

Il devient « pro » en 2010. Sa première année sur le circuit professionnel n’est pas vraiment marquante en termes de résultats. Mais, l’attente ne sera par trop longue, l’année suivante en 2011, il pointe le bout de son nez en réalisant 3 TOP10. Pour enchainer l’année suivante (2012) par 4 TOP10…

Comme imaginé par plusieurs amateurs et pressentit par beaucoup de professionnels du golf : Victor Dubuisson va planter sa première victoire en 2013, en gagnant le « Turkish Airlines Open ». Le tout, devant un plateau de joueur de classe mondiale (T.Woods, Ian Poulter,…). Bref, l’avènement du talentueux joueur français ne s’est pas fait attendre. Trois ans, après ses débuts professionnels, il remporte une victoire sur le Tour Européen.

2014 sera une année particulièrement riche puisqu’il va passer 4 fois à côté d’une deuxième victoire ; il termine quatre fois deuxième… L’histoire ne nous dira jamais, s’il avait remporté deux de ses quatre potentiels titres, est ce que sa trajectoire aurait été encore plus incroyable ?

L’année 2015 sera beaucoup moins brillante en termes de régularité mais elle sera ponctué par une deuxième victoire au « Turkish Airlines Open ». Avec une émotion (rare chez le Victor), largement télévisée, d’un Victor Dubuisson tombant dans les bras de son coach Benoit Ducolombier. Le seul sans doute à savoir parler le Dubuisson. Il y aura aussi, une 18ième place au l’US PGA, très prometteuse.

Enfin, les années 2016 et 2017 vont voir Victor Dubuisson continuer à faire des TOP1O mais le niveau et sans doute l’implication du joueur va très largement diminuer.

Bien sûr, le talent est toujours là, puisque sans jouer beaucoup, Victor Dubuisson va faire quelques belles performances entre 2020 et 2023 (5 TOP10).

Ces deux victoires, de Victoire Dubuisson, sur le Tour, nous ont tellement donné de bonheur et de fierté à nous simples golfeurs que l’on ne peut que dire, merci.

Merci pour ces coups de Wedge au milieu des cactus et des pierres

Victor « Golden Hands » dans ses œuvres (source: South China Morning Post)

Le nom Victor Dubuisson était donc associé au talent golfique en Europe, plus aucun doute là-dessus. L’esprit cocardier, nous à tous pousser à penser, moi le premier, est ce qu’il peut faire les mêmes exploits sur la terre de golf, l’Amérique ? Un peu comme la légende, de l’oncle américain qui a réussit.

La réponse n’a pas tardé, l’Accenture WGC-Match Play (Février 2014 – Arizona). Le « frenchie », à partir des 1/8 de finale, s’est successivement débarrassé de Bubba Watson, G-Mac et Ernie Els… Un petit tableau de chasse bien sympathique.

La finale, bien que perdue face à l’australien Jason Day, restera dans l’histoire comme un moment de folie golfique. Elle se terminera en plusieurs trous de play-off et le Victor va gagner son surnom de « Golden Hands » en réalisant des sauvetage dans la caillasse d’Arizona. Avec le recul, ces exploits sont tellement incroyables que ca en fera sourire son adversaire du jour, Jason Day, qui n’en croyait pas ces yeux. Grace à ces coups de folie, il deviendra une des nouvelles curiosité du golf aux USA, toujours intrigués par les exploits européens.

Merci pour ces moments de Ryder Cup

Victor et son mentor, G-Mac, lors de la Ryder-Cup en 2014 (source AFP)

Comme pour finir un « tableau » de grand maitre, Victor Dubuisson, va participer à la Ryder-Cup de 2014. Cela a représenté et représente toujours pour les golfeurs français, une grande fierté et une grande reconnaissance. Beaucoup d’hypothèses ont été émises sur ses possibles associations au sein de l’équipe européenne. Mais assez logiquement, il va évoluer avec un joueur plein d’expérience, G-Mac. Le reste est une succession de coups de dingue dans une ambiance incroyable. Bref, la fête du golf européen.

Le moment qui reste dans ma mémoire, est la tête de Phil Mickelson, lorsque Victor balance un coup de fer 4 sur un par 3. Le point sera remporté par l’équipe européenne. Je n’ai pas retrouvé de trace de ce coup sur YouTube. Ca fait partie de la légende de Victor…

Merci pour ces moments Victor Dubuisson !!

THE GOLFIEST

Une bonne petite excuse…

Le golf est le sport le plus difficile du monde, il n’y aucun doute là-dessus. Il suffit de regarder le dernier tour du BMW Championship de l’European Tour, pour sans rendre compte. En effet, des joueurs talentueux et parfaitement préparés ont été malmenés sur le parcours…

Alors évidement, lorsqu’il s’agit de nous, simples amateurs, les raisons de nos mauvaises performances sont légion. On peut invoquer des raisons techniques, remettre en cause notre condition physique ou encore notre mental. Mais j’ai la solution pour vous. En fait, les Anglais ont trouvé la solution : un catalogue de bonnes excuses lorsque l’on ne joue pas bien.

La « perfide Albion » ayant inventé ce sport, elle s’est donc donné le droit d’éditer un catalogue d’une centaine d’excuses : « 501 Excuse for Bad Golf Shot » de Jusitn. J Exner.  

La touche d’humour golfique va jusqu’à ce que l’on ne trouve aucune information (sauf une biographie limitée) sur cet auteur Justin. J Exner.

C’est un petit livre a glisser dans son sac, sauf si vous êtes superstitieux. Dans ce cas-là, vous prendrez le temps de lire pour vous donner quelques excuses bien senties lors de vos différentes parties.

Mais, je pense qu’il doit être pris comme un cadeau pour vous aider à mieux comprendre l’esprit de ce jeu fantastique.

Au grès des différentes lectures de ce petit ouvrage, j’en ai sélectionné plusieurs que je trouve magiques, je les laisse en anglais pour ne pas perdre le sens :

  • I play better with golfers who are actually good
  • Boy, the greeskeeper must be in an awful mood. I’ve never seen so many tough pin positions
  • This area was’nt considered out of bounds last year
  • The greens are much faster in Florida
  • I can’t get loose my chiropractor is out of town
  • My swing looks perfect on video; I don’t know what’s wrong
  • I just can’t find the sweet spot today

Bonne lecture.

THE GOLFIEST

La vérité selon Tom Watson

Depuis maintenant trop longtemps, le PGA Tour et LIV Golf, se livrent une guerre médiatique et juridique sans répit. Elle n’a fait qu’affaiblir ce sport que nous aimons, le golf. Aucun coup n’a été épargné dans cette bataille. Le principal argument, du puissant Tour américain, a été de dénoncer vigoureusement l’origine des fonds du LIV Golf. C’est à dire les fonds provenant royaume saoudien; pays loin de respecter les droits de l’homme. Cependant, le 6 juin, le PGA Tour à annoncé un accord commercial avec le PIF (Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite) pour fondé un Tour plus global intégrant le LIV Golf et le Tour Européen. L’annonce d’un tel accord, à été très mal perçu par beaucoup de joueurs, surtout du PGA Tour, qui se sont sentis trahis. Et puis, sans crier gare, la légende Tom Watson, a pris sa plus belle plus pour s’adresser au patron du PGA Tour. Cette lettre, a mon sens, résume parfaitement le malaise des joueurs qui sont restés fidèles aux Tours historiques. C’est pourquoi j’ai décidé de la traduire en français plutôt que de me lancer dans des explications complexes d’une culture qui n’est pas la mienne.

La lettre

Tout d’abord, je souhaite à Jay Monahan un prompt et rapide rétablissement. Je respecte le leadership dont il a fait preuve dans le passé pour notre Tour. Ce n’est pas une tâche facile. Avec les récents obstacles importants comme le braconnage LIV des joueurs du Tour et les batailles juridiques qui en résultent, j’ai une idée de la complexité des problèmes auxquels il est actuellement confronté en tant que leader.

Malheureusement, dans la foulée de l’actualité récente, je comprends aussi les cris d’hypocrisie. Parce que c’est un homme intelligent, je sais que Jay aussi. À mon avis, la communication a été mal gérée et le processus par lequel le Tour a convenu d’un partenariat proposé avec le PIF a été exécuté sans procédure régulière. En tant que groupe d’acteurs et d’acteurs qui représentent le visage et les marques du Tour, quels sont nos choix ? De toute évidence, le modèle commercial traditionnel du Tour était menacé par LIV. Le nouveau Tour créer des obstacles et des batailles sans précédent aux conséquences morales et financières.

Bien que je n’étais pas à la réunion des joueurs le mardi 6 juin (ironiquement à l’occasion de l’anniversaire du jour J), pour l’annonce du partenariat/de la tournée PIF de Jay, j’en ai assez regardé pour savoir que cela ne ressemblait certainement à aucune des réunions de joueurs. J’ai été impliqué dans mes 50 ans et plus en tant que membre du Tour. Le commissaire et le PGA Tour Board, dans lequel siègent cinq joueurs du Tour, vont devoir faire beaucoup d’explications de première main pour amadouer confortablement l’acceptation de nos membres sur ce partenariat avec le PIF. Les parties prenantes du Tour : les joueurs eux-mêmes, le large éventail de médias mondiaux, ainsi que les sponsors du tournoi et les partenaires indépendants du Tour, ont besoin d’une explication des avantages de la formation de ce partenariat.

Il y a de nombreuses questions sans réponse à ce jour, qui, je l’espère, seront abordées avec les joueurs par la direction du Tour lors de l’événement de la tournée Travelers de cette semaine. Que signifie l’acceptation de ce partenariat pour le Tour ? Qu’obtenons-nous ? A quoi renonçons-nous ? Pourquoi cet accord a-t-il été conclu dans un tel secret et pourquoi même l’un des joueurs qui siège au conseil d’administration du Tour n’a-t-il pas été inclus ? Une question aussi profonde mérite un examen minutieux par un groupe représentatif de parties prenantes qui incluent ceux qui, en fin de compte, définissent l’image publique et le lien émotionnel avec le PGA Tour.

J’ai une compréhension basique du rôle que joue le PIF de l’Arabie saoudite dans l’économie mondiale et que l’argent du PIF est investi dans des marques et des entreprises américaines qui font partie de notre vie quotidienne. Je me rends compte que les États-Unis entretiennent des relations diplomatiques avec les Saoudiens et qu’ils ont parfois été nos alliés au Moyen-Orient. Je crois comprendre en outre que de nombreuses entreprises, y compris certaines ligues sportives professionnelles, ont des directives strictes sur le pourcentage d’investissement qu’elles accepteront des fonds souverains. Avant que cet accord ne soit finalisé, je me demande si le PGA Tour a des lignes directrices ? Avons-nous, en tant qu’organisme, défini un pourcentage acceptable de financement du FIP dans le partenariat proposé ?

Ces questions sont aggravées par l’hypocrisie de ne pas tenir compte de la question morale ; une position qui a longtemps été publiquement soulignée par la direction du Tour. S’il est admis que les joueurs à tous les niveaux apprécieraient l’opportunité de gagner plus d’argent, il a également été démontré que tous nos joueurs ne sont pas à la recherche d’argent à tout prix. Ceux qui sont restés fidèles au Tour pour une raison personnelle ou une position de conscience morale sont plus que quelques cas particuliers. Il y a des rumeurs répandues sur le Tour offrant des réparations financières à ces joueurs qui ont rejeté les offres de LIV et sont restés fidèles à notre Tour. Sûrement, cela seul ne répond pas à la question plus large du contexte ici? Et dans une question connexe, quels sont, le cas échéant, les plans de réintégration des joueurs du Tour qui ont fait défection et qui veulent maintenant revenir sur le PGA Tour ?

J’attends toujours la reconnaissance par les Saoudiens de leur rôle dans les attentats du 11 septembre, qui ont entraîné la mort de 3 000 de mes concitoyens américains. Je soutiens 9/11 Families United et leurs efforts pour publier les documents à décharge du gouvernement américain (voir 9/11FamiliesUnited.org/KeyDocuments). Ce jour, à jamais parmi les plus sombres de l’histoire de notre pays, n’est malheureusement pas le seul parmi les violations des droits de l’homme que nous avons vues commises par l’Arabie saoudite. Je demande au Tour, comment un point non négociable pour nous un jour on négocie autour du lendemain ?

Le renversement semble indiquer une situation financière plus désespérée que celle révélée précédemment par le Tour. Alors que la semaine dernière, j’ai appris la nouvelle importante que le litige autour du conflit Tour / LIV serait terminé avec préjudice, cela ne résout qu’un problème financier important. Il est important de comprendre comment tout cela a eu un impact sur le fonds de réserve du Tour et sur la solvabilité financière globale du Tour. Les fonds ont-ils été épuisés au point où le Tour a besoin d’une injection de capital sans précédent pour rester solvable maintenant ou pour l’avenir ? Le directeur indépendant du Policy Board, Jimmy Dunne (qui a aidé à négocier l’accord), a déclaré que le PIF n’investissait pas d’argent dans PGA Tour, Inc. mais plutôt dans une nouvelle entité commerciale à but lucratif sous la bannière PGA Tour Enterprises. Les fonds PIF seront-ils investis uniquement dans PGA Tour Enterprises, et non dans PGA Tour, Inc ? Qu’est-ce que cela signifie? Quels sont les atouts actuels et/ou nouveaux de ce nouveau partenariat ? Quels actifs seront vendus ?

Mes questions générales demeurent. Le PIF est-il le seul sauvetage viable des problèmes financiers du Tour? Y avait-il/y avait-il un plan B ? Et encore une fois, quel est exactement l’échange? Nous avons besoin de clarté et méritons une divulgation complète de la santé financière du PGA Tour et des détails de ce partenariat proposé.

Ma loyauté envers le golf et ce pays vivent au même endroit et ont eu un poids égal et significatif avec moi tout au long de ma vie. S’il vous plaît, éduquez moi et les autres d’une manière qui permet la loyauté envers les deux et d’une manière qui permet de regarder facilement les familles du 11 septembre dans les yeux et nous-mêmes dans le miroir.

Je suis très reconnaissant pour notre pays, ses opportunités abondantes et la vie merveilleuse rendue possible par le PGA Tour.

Sincèrement

TOM WATSON

THE GOLFIEST

Les perdus de vue !!

Les perdus de vue !!

Le sport de haut niveau est en perpétuel mouvement. Bien évidement, le golf professionnel n’y échappe pas. Ainsi, les têtes d’affiches d’un jour ou les stars annoncées, peuvent parfois disparaitre, momentanément ou définitivement de l’espace médiatique. Vous l’avez remarqué, certains joueurs professionnels, après des périodes fastes, disparaissent ponctuellement ou définitivement. J’ai pris plusieurs joueurs (américains et européens), ayant disparus, pour comprendre les principales raisons.

La galaxie américaine

Le PGA Tour étant très rémunérateurs (dix fois plus que le DP World Tour), il semble évident qu’une partie des perdus de vue le soient aussi à cause de ces gains conséquent. Lorsque ton compte est bien rempli, tu es plus enclin à siroter des caïpirinhas au bord de ta piscine…

Les perdus de vues, dans leur volonté de come-back, ont des résultats mitigés.

Rickie Fowler (45 millions de dollars de gain sur le PGA Tour)

Rickie, en 2018, lors de la Ryder-Cup (photo – Golfiest)

Joueur excessivement médiatique et sympathique. Ou injustement médiatisé, pour d’autres, car il n’a pas assez gagné sur le Tour. Mais le Rickie avait calmé un grand nombre de ses détracteurs en gagnant le Players (2015). Avant de gagner, en 2019, le West Management Open de Phoenix.

Ensuite, à partir de 2020,  le processus de disparition s’est enclenché et cela jusqu’à mi 2022. Le joueur a enchainé les CUTS manqués et surtout, pour un joueur de ce standing, il n’a pas été en mesure de se qualifier pour certains majeurs: Masters, US Open et The Open. Bref, il n’a joué que 3 majeurs depuis 2020.

Evidement, il vient tout juste de me faire mentir en revenant dans le TOP 50 mondiale. Mais la route a été longue et pénible. Les principales raisons semblent être les suivantes :

  • Une perte de son jeu de fer qui était une de ses forces. Elle semble liée à son changement d’entraineur de jeu long (passage de B.Harmon à John Tillery). Il est depuis revenu avec B.Harmon
  • Et aussi une perte de son putting, en descendant à 184ième place au putting sur le circuit

Heureusement, depuis il est revenu avec Butch Harmon.

Brandt Senedeker (40 millions de dollars de gain sur le PGA Tour)

Brandt Snedeker (de retour sur le PGA Tour) – (photo – @Gallo Image)

Je me souviens très bien de sa victoire à la FedEx Championship en 2012, il avait fait une « master class » de petit jeu et de putting. Cette victoire avait été assez inattendue, étant donnée les grosses pointures présentes. Au-delà de cette victoire, ce qui avait défié la chronique était le putteur utilisé par Brandt Snedekker. Un putter à 20$  avait permit à Snedekker de remporté un gain de plus de 10M€. Belle rentabilité.

Ensuite, Brandt Snedekker à continué à gagné au moins un fois par saison jusqu’en 2018. Il a notamment rejoint le club très fermé des joueur réalisant un tour en 59 lors du Wyndham Championship. Après plus rien. Il est aujourd’hui à la 675ième place mondiale.

Un seul tournoi joué sur la saison 2022-2023 (Fortinet – 70ième). Il a perdu sa carte PGA en 2022.

Les principales raisons sont les multiples blessures à la hanche et au dos de Brandt. Elles sont apparues dès 2018. Il a été opéré du dos et semble vouloir revenir progressivement sans aucune annonce précise (source : Scott Hamilton, son coach a publié une vidéo juste après Fortinet)

Jimmy Walker (27 millions de dollars de gain sur le PGA Tour)

Jimmy Walker lors du RBC Heritage 2023 – (photo – NBC Sport)

J’ai toujours aimé ce joueur du PGA Tour, texan jusqu’au bout des ongles. Il avait commencé à brillé en 2014 en remportant le AT&T Pebble Beach face à Dustin Jonhson. Il a atteint son apogée en remportant son premier majeur le PGA Championship en 2016.

Et puis la tuile, en 2017, il relève être atteint de la maladie de Lyme. Cette maladie est complexe à traiter mais surtout excessivement fatigante. Ce qui n’est pas vraiment compatible avec une carrière de sportif de haut niveau.

Par conséquent, il s’est accroché pour continuer à jouer sur le PGA Tour malgré cette maladie. Les résultats n’ont pas forcément été à la hauteur. Il évolue donc cette saison 2022-23 à l’aide d’une exception (i.e. exception due à ses gains sur le PGA Tour).

Cette saison s’annonce un petit mieux. Il a même été en tête au dernier RBC Heritage, après le deuxième tour, avant de s’écrouler (25ième) et laisser la victoire à M.Fitzpatrick. C’est en fait le résumé de cette année avec 19 tournoi joués pour 9 CUTS réalisés et 6 TOP 25.

Il est actuellement 107th à la FedEx Cup, est ce que cela sera suffisant pour continuer. Est-ce qu’il à la volonté de continuer ? Nous le serons dans les prochains mois.

Jason Day (55 millions de dollars de gain sur le PGA Tour)

Jason Day, lors de sa dernière victoire au Texas en mai 2023 – (photo – M.Madrid/Press Sport)

Tout le monde, ou presque, se souvient de son premier Masters en 2011, où il restera court de 2 coups pour laisser la victoire à Charl Schwartzel. Au delà, de la puissance dégagé et affiché au monde entier lors de ce Masters, la qualité de son petit jeu autour des greens à été impressionnante.

La suite de sa carrière sera faite de nombreuses victoires, jusqu’à l’obtention de son Graal, son premier majeur : le PGA Champioship en 2015. En réalisant un performance exceptionnelle (68, 67, 66 et 67) en devançant l’américain Jordan Spieth et l’empêchant ainsi de remporter son troisième majeur de suite… Il deviendra en 2015 numéro un mondial. Ensuite et ceux jusqu’à 2019, il sera en rythme de croisière avec quelque victoires et trois TOP 10 en majeurs.

2019 sera l’année de la bascule vers les problèmes physiques, notamment des blessures récurrentes au dos. Des douleurs qu’il semblait trainer depuis une dizaine d’année.

Il va alors entamer une reconstruction de son swing pour solliciter beaucoup moins son dos. A partir de 2020, il va s’adjuger les services de Chris Como, ancien coach d’un certain Tiger Woods. Malgré, l’investissement du garçon, que l’on devine sans faille, il va être confronté à une nouvelle épreuve. Sa mère gravement malade, va décéder (en 2022) à la suite d’un cancer.

Les difficultés et les épreuves se seront dressées sur le chemin de l’australien. Mais l’année 2023 sera l’année du retour de Jason Day, il remporte en mai l’AT&T Byron Nelson. Il est maintenant 5ième de la FedEx Cup. Le chemin aura été long, espérons que l’on retrouvera pour un certain temps ce diable de joueur australien.

Les Européens

Certes, les gains sur le circuit européens sont dix fois moins important mais cela n’empêche qu’ils peuvent rentrer en compte, lors de leur réflexion, lorsque les joueurs s’interrogent sur leur avenir.

Austin Connelly (700 000€ de gain sur le DP World Tour)

Austin Connelly, en 2017 lors du British Open – (photo – Dave Thompson/AP)

Ce nom ne vous rappelle sans doute pas grand-chose. Mais, comme beaucoup d’amateurs, j’avais été enthousiasmé par ce golfeur canadien brillant, lors de The Open de 2017. Il terminera à la 14ième place.

Il a pu y participer en passant par les qualifications, et ensuite, il a fait une très belle semaine.

En effet, lors des trois premiers tours de The Open, il sera successivement T6, T6 et T3 en postant des 66, 72 et 66. Le public anglais était particulièrement enthousiasme de ce « Journey Man ». Malheureusement, un mauvais dernier tour (73), sera la fin de la belle aventure et c’est Jordan Spieth qui s’imposera.

Ca sera la plus belle performance de ce joueur dans un tournoi majeur. Ensuite, il finira la saison en étant finaliste du KLM Open, en perdant contre un certain Romain Wattel.

Enfin, en 2019, il reviendra jouer The Open mais ne passera pas le CUT. Depuis, c’est un vrai perdu de vue.

Paul Dunne (3 millions d’euros de gains sur le DP World Tour)

Paul Dunne, lors de sa victoire en 2017 au British Masters – (photo – RM)

Cet irlandais, petit protégé de Graeme McDowell, avait pointé le bout de son née lors de The Open de 2015. Alors, encore amateur, il a posté deux premières tours en 69 puis lors du troisième tour, un magnifique 66. Il est alors leader (en -12) et devient le premier amateur, depuis 1927, à mener The Open. Malheureusement, il fera un dernier tour en 78 et finira à la 30ième place. Mais le monde du golf a mit un visage sur le nom de Paul Dunne.

Il passe alors professionnel dans la foulé. En 2017, il passe près de sa première victoire et perd contre Eduardo Molinari en play-off dans le Trophée Hassan II. Il finira par remporter sa première victoire, le British Master (2017), devant un Rory Mcllroy. En 2018, il participera à ses deux derniers majeurs : The Open (67ième) et le PGA Championship (CUT manqué).

Le processus de disparition se déclenche alors en 2019, il franchi seulement 4 fois le CUT sur ses 18 participations. Ensuite, à partir de 2020 et cela jusqu’à aujourd’hui, il ne passera pas plus de 30% des CUTS et avec des places au delà de la 30ième place. Bref, la descente vers l’anonymat du classement mondiale continue, il est aujourd’hui à la 1329ième place mondiale.

MLV (5 millions d’euros de gains sur le DP World Tour)

MLV en Corée 2023 – (effet photo pas maîtrisé – Golfiest)

Le bonhomme avait atteint, en 2019, la 65ième place mondiale, ce qui permettait de situer le niveau du joueur. On attendait la suite avec une certaine impatience. Puis le COVID s’est emparé de l’actualité. Pourtant, il a bien commencé l’année 2020 en faisant un TOP 10 (Omega Dubai Desert Classic). Malgré ce bon début, l’année 2020 va être difficile avec 4 CUT manqués et des classements au-delà de la 40ième place. Elle se finira, quand même sur une bonne note, avec une deuxième place à la DP World de Dubai.

Les problèmes rencontrés en 2020 se sont semble-t-il accentué en 2021 avec 10 CUT manqués et des classements au-delà de la 20ième place. Même si en 2021, les CUT manqués ont continué (8), les résultats se sont légèrement améliorés en fin d’année avec deux TOP 20.

Malheureusement, ses résultats ne suffisent pas, à Mike Lorenzo-Verra, pour garder sa carte.

A ce moment-là, j’ai bien cru que le vent avait tourné. Ce passage à vide l’a sans doute agacé, il est donc allé chercher sa carte au « Q School » du Tournoi Européen en Novembre 2022. Il a terminé 13ième et cette belle performance lui permet de retrouver le Tour Européen.

Le voila donc de retour, avec pour cette nouvelle saison, déjà deux TOP10 (7ième en Corée pour le Genesis Open et 4ième au Soudal Open). Plus récemment, il a fait un T12 au KLM Open. Un retour au premier plan de bonne augure pour cet amoureux du DP World Tour.

Les prométeurs amateurs

Ollie Schienerdjans (4 millions de dollars de gain sur le PGA Tour)

Ollie Schniederjans durant le Phoenix Open en 2018 – (photo – ANDREW REDINGTON)

J’avais découvert ce prometteur jeune amateur lors de The Open de 2015. Il avait tout pour devenir un grand talent du circuit américain. Il envoyait la balle à des miles et avait un très bon petit jeu. Il terminera 12ième de cet Open. Bref, une première plein de promesse.

La suite ne sera pas aussi brillante qu’imaginiée. Ces deux meilleurs saisons se dérouleront entre 2016 et 2018 , pendant lesquelles il réalisera 8 TOP 10. Mais la saison 2019-20, lui sera fatal, il va perdre sa carte. Depuis, 2020, il évolue sur le Korn Ferry Tour, sans pour avoir d’excellent résultats. L’espoir américain s’est transformé en un très bel exemple de perdue de vue

Les exemples de ce type sont nombreux (ex: Jordan Niebrugge (The Open 2015)) à la fois sur le circuit américain et européen. Comme dans beaucoup de sport, le passage vers le monde professionnel est souvent très délicat à réaliser.

Conclusion

Cette liste pourrait être complétée par d’autres noms comme ceux de Victor Dubuisson, Romains Wattel, Hunter Mahan, Bubba Watson…

Le Golf est le sport le plus difficile du monde. Alors, lorsque vous le pratiquez à haut niveau, les difficultés peuvent devenir insurmontables. Elles sont aussi bien mentales que physiques. On dit souvent que l’on voit les vrais champions lorsqu’ils sont au pied du mur. Certains, trouvent la solution et laissent derrière eux ces mauvais moments pour être encore plus performant. D’autres, malgré leur investissement n’y arrivent pas et arrêteront leur carrière. Ce sont, ces moments charnières qui construisent, bien souvent, l’histoire de ces formidables champions.

Enfin, cela est surtout vrai sur le lucratif circuit américain, les gains astronomique des joueurs, même ceux qui ne gagnent pas, peuvent d’envisager sereinement les mauvais jours. Jack Nicklaus l’a bien compris, lorsqu’il déclarait en 2020: « Je pense que beaucoup de gars, ils ont l’air – ils sont là-bas, ils ne gagnent pas de tournoi et ils gagnent 3 ou 4 millions de dollars en un an. Et beaucoup d’entre eux disent, je ne veux pas travailler aussi dur que Tiger Woods a travaillé. Ils disent, je sais que je ne peux pas rivaliser avec eux de toute façon, je suis assez heureux là où je suis. Je ne pense pas que cela devrait être ainsi. Je pense que tout le monde devrait essayer – tout le monde est différent, mais je pense qu’ils devraient essayer d’être les meilleurs. C’est ce que j’ai toujours essayé d’être. Cela ne faisait aucune différence pour quoi nous jouions quand je jouais. Je me fous des prix en argent. C’était que je voulais gagner, et je voulais être le meilleur – je pense que beaucoup d’argent décourage un peu cela. »

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Pourquoi Jim Mackay est l’un des meilleurs caddies au monde encore en activité?

« Bones » à nouveau sur le sac d’un grand joueur

Tout le monde, reconnait facilement ce grand échalas, caddie pendant quasi une décennie du talentueux gaucher Phil Mickelson. Toujours avenant et souriant, il a participé à la construction du palmarès de ce génie de gaucher. Grace aux progrès des réalisateurs, plus d’une fois, nous avons été témoin de leurs échanges et de cette nécessité d’avoir une véritable réflexion avant chaque coup. Bref, tous golfeurs professionnels qui souhaitent performer se doit d’avoir un copilote de qualité pour gagner. C’est en suivant certaines de ces interventions médiatiques (pour NBC Sport) auxquels il a participé, que j’ai voulu en savoir plus sur cet homme de l’ombre.

Qui est véritablement « Bones » ?

Enfant sans le sou, mais vivant en Floride, c’est ce qui va le pousser vers une pratique assidue du golf. La petite ville de « New Sympa Beach » bénéficie d’un golf municipal (9 trous – désigné par Donald Ross), il va y jouer 364 jours sur 365. Il est pris. La Floride, étant déjà sans doute, l’état avec le plus de golfeur professionnel au mètre carré ; il ne faudra pas bien longtemps au jeune Jim pour s’identifier à l’un d’eux et s’imaginer évoluer vers ce métier.

La suite assez logique, d’un jeune golfeur américain, est d’intégrer un « College » (établissement d’ enseignement supérieur) en Géorgie (Colombus College) et de jouer dans les équipes de golf de celui-ci. Mais, il le reconnait lui-même, il se rend compte assez rapidement qu’il est incroyablement médiocre. Son seul fait d’arme, qu’il raconte en rigolant, est d’avoir joué dix-huit trous devant le grand Jack Nicklaus. En effet, celui-ci était venu voir son fils jouer, qui participait à un match d’équipe contre Jim Mackay.

Après avoir caddié, lors une compétition, pour un premier professionnel floridien, il hésite entre se lancer dans cette voie ou de façon plus classique intégrer un banque. L’hésitation ne va pas durer longtemps. Travaillant de temps en temps au « pro-shop » d’un golf Georgien (Colombus Green Island Club), il fait la connaissance d’un certain Larry Myze. Il l’aide notamment, lors de ses séances d’entrainement, à ramasser ses balles. En 1990, il renonce à sa carrière de guichetier dans une banque du coin et devient officiellement le caddie de Larry Myze. Il est alors un vrai débutant dans le métier. Ce qui ne l’empêche pas, lors de sa première année, de caddier son champion sur des parcours mythiques comme : Augusta, Cypress Point et St Andrew. Et de finir, quinzième de la « money list » !!!

Comment caddeyer le gaucher le plus brillant de sa génération?

Jim Mackay et son gaucher de patron à la grande époque (The Open 2013)

Après deux ans de loyaux services auprès de Larry Myze, il va caddier un certain Scott Simpson (US Open 1987). Dès le premiers jours de leur collaboration, son nouveau patron (un « gentleman »), lui indique que s’il a une opportunité de travailler avec un meilleur golfeur, qu’il n’hésite pas. Une autre époque !!!

La rencontre avec l’élu ne va pas tarder. Alors, que Jim Mackay est maintenant pleinement investit dans sa mission golfique, il suit bien évidement les exploits universitaires d’un certain Phil Mickelson. Alors qu’il est en Arizona, pour le Phoenix Open, et qu’il profite d’un temps libre, il aperçoit un gaucher sur le practice du « College » de l’Arizon State. Il n’a aucun doute et décide d’aller voir de plus près le jeune Mickelson. Il comprend immédiatement qu’il va performer rapidement chez les professionnels. Il a tous juste 21 ans, mais semble née avec des club dans les mains (à l’image de Seve). Sa vitesse, son jeu de wedge… tous ne fait que confirmer sa future éclosion.

Impressionner par cette premier « mise en bouche », Jim Mackay continue a caddier Scott Simpson. C’est ainsi que lors d’un tournoi du PGA Tour, le manager de Phil Mickelson rentre en contact avec lui pour lui demander conseil au sujet du prochain caddie de Mickelson qui va bientôt passer professionnel. Jim Mackay, s’exécute et lui transmet une liste de noms de caddies qui pourrait l’intéresser. Quelques semaines après, Jim Mackay est a nouveau contacté par l’équipe de Mickelson. Non pas pour le remercier des conseils mais pour lui proposer le job.

La première réaction de Jim Mackay, contrairement à ce que l’on pourrait penser n’est pas de se réjouir. Mais plutôt d’être assez inquiet puisqu’être caddie de joueurs de se calibre est aussi de prendre conscience qu’à un moment il changera de caddie… L’histoire démontrera l’inverse. Finalement, Jim Mackay accepte l’offre en se donnant comme objectif de participer à au moins une Ryder Cup. En effet, pour lui, c’est la Compétion !!

La suite…

« Bones » au micro !!

Après une dizaine d’année (en fait onze) à porter le sac et conseiller Phil le « génie torturé », ils annoncent d’un commun accord leur séparation en juin 2017. Quelques temps après, Bones, rejoint les équipes de la NBC comme commentateur. Cette période sera du pain bénie pour les fans de golf qui vont profiter de ses commentaires et avis d’une précision diabolique. En effet, assez rapidement, un grand nombre de spectateurs se focalisent sur les parties (souvent de stars) qu’il commentera.

Mais, bien qu’adorant son nouveau rôle chez NBC, il reviendra faire des piges, notamment pour Matthew Fitzpatrick et Justin Thomas. Avant que Justin Thomas, ne le fasse revenir complètement et l’embauche comme caddie officiel en remplacement de Jimmy Jonhson (Caddie Hall of Fame) qui avait décidé de poursuivre d’autres aventures.

Et sinon, comment son ses performances par rapport aux autres caddies?

Stevy Williams avec le GOAT at Bay Hill (Orlando 2011)

La performance golfique, chez les professionnels, se mesure par le nombre de titre majeur. En ce qui concerne les caddies, c’est la même chose puisqu’ils sont là pour aider leur champions. C’est ainsi, que sans grand suspens, le meilleur caddie (mais qui n’est plus vraiment en activité) est Steve Williams avec 14 majeurs dont 13 glanés avec son premier patron Tiger puis un petit dernier avec le Masters d’Adam Scott. A la seconde place arrive, Jim Mackay qui a remporté 5 majeurs (2005 PGA ; 2004, 2006 et 2020 Masters ; 2013 British Open) avec son gaucher.

Ensuite, il y a d’autres caddies performants mais qui ne pas tous en activités comme :

  • Alfie Fyles (5 majeurs), qui a accompagné l’immense Tom Watson lors de ses cinq victoires à l’Open. Fyles, se distinguera lors de l’Open de 1977 lorsqu’il conseil à son champion, un fer 7 au lieu d’un 6 sur le dernier trou. Conseil suivi et une balle au drapeau qui lui permet de remporter l’open devant Jack Nicklaus ;
  • Willie Peterson (5 Masters – 1963, 65, 66, 72 et 75), c’était encore l’époque ou les joueurs ne pouvaient pas être accompagnés de leur caddie régulier à Augusta. Willie a accompagné, l’un des maîtres des lieux, Jack Nicklaus ;
  • Ricky Elliott (4 Majeurs) : le caddie du Brooks Koepka, qui caddaye toujours son champion mais sur le LIV Tour ;
  • Angelo Argea (4 Majeurs) : le caddie officiel de Jack Nicklaus pendant presque deux décennies. Mais il n’a jamais caddayé l’Ours au Masters puisque seulement les caddies locaux étaient autorisés ;
  • JP. Fitzgerald (4 Majeurs) : l’ancien caddie de Rory qui est maintenant sur le sac de Victor Perez. A priori, ça semble bien fonctionner…
  • Dave Musgrove (4 Majeurs) : caddie anglais qui a remporté 2 majeurs avec Sandy Lyle, un avec Seve et un avec Lee Janzen. C’est un caddie à l’ancienne qui a commencé à caddeyer à 12 ans pour six chilling (moins d’un euro) ;
  • Fanny Sunesson (4 Majeurs) : l’unique femme du palmarès qui a caddeyé Sir Nick Faldo et la première femme caddie à avoir gagné un majeur en 1990
Fanny Sunesson avec Sir Faldo (Ryder Cup 1995)

Mais il y a encore Jeff Meldin (3 Majeurs avec Nick Price et un avec John Daly), Ricci Roberts (4 majeurs avec Ernie Els), Nathaniel « Iron Man » Avery (4 Majeurs avec Arnold Palmer) et Michael Greller (3 Majeurs avec Jordan Spieth).

Bref, Jim Mackay fait partie des tous meilleurs caddies encore en activité. Mais au delà, de tous ces titres accumulés deux récent épisodes nous montre sa vraie valeur ajoutée.

Ses récentes sorties en tant que caddie temporaire !

Jim Mackay et Matthew Fitzpatrick, au Memorial en 2020

Un des premiers retour de Jim Mackay sur un sac s’est déroulé en 2020, alors que le caddie officiel de Fitzpatrick COVID plus, à du céder sa place.  Jim Mackay a donc accompagné Matthew Fitzpatrick pour quinze jours notamment lors du Mémorial de 2020. Et devinez quoi ? Eh bien, c’est lors de cette semaine que  Fitzpatrick a réalisé sa meilleur performance dans ce tournoi, au plateau de joueurs relevé, en terminant troisième. Avec notamment un dernier tour à 68. Jim Mackay, toujours aussi classe déclarera :

« C’était génial. J’ai dit à Matthew après le premier jour de la semaine dernière, j’étais tellement impressionné par son jeu et son arsenal de coups, et il m’a tellement montré. C’est un très, très bon joueur, et c’était une joie d’être avec lui. Je veux dire, 68 aujourd’hui, que demander de plus à ce type ? »

Jim Mackay
Bones et Justin Thomas au PGA Championship 2022

La reprise temporaire d’un sac, s’est poursuivie en 2020, cette fois ci avec Justin Thomas. « Bones » a caddayé Justin Thomas en juillet 2020 pour le WG-FedEx St Jude. Son caddie régulier n’était pas en mesure de travailler cette semaine. Le résultat, une victoire et un second WGC pour JT. Une première fois qui se termine particulièrement bien.

Quelques mois après, « Bones », deviendra le caddie officiel de JT. C’est ainsi qu’en mai 2022, il remporte ensemble le majeur « PGA Championship ». Jim Mackay aura eu un rôle très important lors de cette compétition. En effet, après deux bons tours, JT réalise un « mauvais » 74 le samedi. Bien évidemment, sa première réaction est de retourner corriger ses erreurs. Il est alors accompagné de tous son staff, caddie, coach de père…

Avant qu’il ne commence sa séance, Jim Mackay, va lui glisser quelque mots qui seront bénéfiques pour la suite :

« L’essentiel était simplement qu’il n’y avait rien à améliorer. Le tour aurait facilement pu être de 69 ou 70, mais il a fait un 74. C’était le nombre sur la carte, mais il n’y avait rien à réparer. Et il a eu une excellente séance de practice pour conclure la journée. » 

Jim Mackay

Le coach de père (Mike Thomas) a quelques mètres de cette scène confirmera le bien fait de cet echange:

« Si cela venait de moi, cela aurait pu donner l’impression que je caressais son ego. Bones disait en gros, ‘arrête de te flageller et va voir ce que tu peux faire’ Je l’ai remercié pour cela, c’était un très bon message. »

Mike Thomas (coach de JT)

Et à la fin, c’est un nouveau majeur pour JT et surtout Jim Mackay.

CONCLUSION

Au delà de tous ces titres et de sa bonne humeur, Jim Mackay a influencé beaucoup de caddies sur les différents Tours. Il a changé le paysage de a profession simplement par les conversations qu’il a eues avec Phil Mickelson. Ces deux-là étaient tout le temps à la télévision et les caddies entendaient leurs échanges très attentivement. C’était une « world class » sur les compétences de communications.

Mickelson, JT et Fitzpatrick n’ont pas vraiment de points communs en termes de personnalité et de profil de jeu. Cela caractérise la personnage « Bones ». Il est en fait un caméléon. Le caddie doit en fait s’adapter à la personnalité de son champion.

Jim Mackay a aussi, toujours encouragé de plus jeunes cadets à venir le suivre lors d’un tour d’entrainement avec son champion. Ainsi, ils pouvaient mieux observer sa façon de faire et éventuellement lui poser des questions après.

Il y a quelques années un caddie (et son champion) qui avaient partagé une partie avec « Bones » et Phil Mickelson, raconte cette anecdote qui en dit long sur le personnage. En effet, peu importe le niveau du joueur qui évolue sur le circuit, partager une partie avec Tiger ou Phil, ca rend particulièrement nerveux. Son gars ne déroge pas à la règle; son début de partie n’est pas bon. Mais il s’est rattrapé sur les 14 derniers trous en étant six sous le par. A la fin de la partie, « Bones » est venu voir le joueur et lui a dit:

« Je voulais juste te dire, j’ai vu beaucoup de gens plier dans cette situation. Vous avez montré beaucoup de détermination et de caractère. Tu devrais être fier. »

Jim Mackay

Un vrai « gentelman ». Ce joueur en question a depuis gagné beaucoup de chose sur le PGA Tour. Mais il est resté marqué par cette échange avec l’un des plus grand caddie.

PS: Jim Mackay est affublé du pseudonyme « Bones » depuis plusieurs année sur le différents Tours. Cela vient d’un jour où Fred Couples n’arrivant plus à se remémorer de son prénom l’a appelé comme ça.

THE GOLFIEST

Le links à la française, le golf de Saint Jean de Monts !!

Golf de Saint Jean de Monts – Green du trou #15 face l’océan atlantique

Lorsque vous atteignez une certaine maturité golfique, s’il elle existe, il n’est pas rare que vos partenaires de jeux vous questionnent sur vos parcours préférés. Puis, la discussion poursuivant son cours, l’inévitable question est posée « Avez-vous déjà joué un Links ? ». Pour une grande partie d’entre nous, la réponse est souvent négative. En effet, les Links sont des parcours qui font le lien entre la mer et la terre, et ils sont beaucoup plus nombreux au Royaume-Unis. Mais notre plus grande chance de Gaulois, il y a quelques Links en France. Lors d’une de mes pérégrinations golfiques, j’ai eu la chance jouer le golf de Saint Jean de Monts le links à la française.

Dans mon royaume, les Links sont dans le nord…

Les chiffres parlent d’eux même ; 247 vrai links ont été dénombrés au Royaume-Unis dont 85 en Ecosse, 53 en Angleterre, 58 en Irlande et 15 au Pays de Galles. Pendant ce temps, il y a une petite vingtaine en Europe continentale. Ça laisse peu d’espoir pour la France mais tous de même, on en dénombre… 8 qui sont les suivants :

Pour certains golfeurs, les links sont l’essence même du golf. Des parcours sablonneux, situés entre mer et dunes. En fait, pour qu’un parcours soit défini comme Links il doit répondre à quatre critères : se situer en bord de mer, proposer un sol sablonneux, offrir une végétation naturelle et assurer des fairways et des greens très roulants. Par conséquents, votre imagination des coups est poussée à l’extrême.

St Jean de Monts Golf Club

Golf de Saint Jean de Monts – Green du trou #5

Rentrons tous de suite dans le vif du sujet, pour certains puristes, ce parcours est un mixte pinède-links. En effet, l’aller se joue en forêt (pins maritime) et le retour en bord de mer. C’est là que le golfeur va en prendre plein les yeux. L’enchainement des trous 10 (par 3), 11 (par 4) et 12 (par 5) est magnifique avec une vue splendide sur l’île d’Yeu (i.e. lorsque le ciel est dégagé). Ce sont des sensations garanties.

Ce parcours est technique et intéressant avec une variation des coups plus que nécessaires. Il n’y a pas nécessité d’être particulièrement long mais d’avoir un jeu de fer précis et bien sûr un petit jeu au point. Alors, lorsque le vent se lève… il se révèle être redoutable. Et lorsque vous partagez une partie avec des locaux, ils ont tous des souvenirs de parties venteuses qui ont mis à mal leur carte.

L’entretien est remarquable, il n’y a rien à dire. Les départs, fairways, bunkers et greens sont en excellent état.

Bref, la variété des trous et donc des sensations visuelles est grande. Ce qui vous obligera à être beaucoup plus créatif que sur d’autre parcours.

Golf de Saint Jean de Monts – green #6

C’est l’un des spots de la côte atlantique nord qu’il faut avoir joué au moins une fois dans sa vie de golfeur.

Saint-Jean-de-Monts, la sculpture sur sol à grande échelle par Yves Bureau

Golf de Saint Jean de Monts – green #12

L’architecte de ce parcours (réalisé en 1986), Yves Bureau, est particulièrement discret. Il se décrit de la façon suivante :

« Généralement, il s’agit d’excellent golfeurs qui font de l’architecture. Moi je suis meilleur architecte que golfeur.« 

Yves Bureau

Il a tout de même réalisé une quarantaine de golf, du 9 au 36 trous (dont 7 à l’étranger). Pour renforcer l’idée que le Links est l’essence du golf, même l’architecte s’y met :

« Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le sable est le meilleur support pour un terrain de golf. À Katameya, à l’ouest du Caire, on a ramené de la matière organique et le gazon a poussé à merveille. Pas besoin d’apporter de terre végétale.« 

Yves Bureau

Mais au-delà de cette réalisation, Yves Bureau fait partie de ces architectes, qui au travers de leur réalisations de parcours plus compact, s’interrogent sur la viabilité des 18 trous. En effet, dans beaucoup de projet le foncier est insuffisant pour faire un 18 trous :

« Un parcours plus court ne devra pas raboter certains trous mais offrir aux joueurs un équilibre entre chaque trou, avec un maximum de greens, car la finalité de ce sport, c’est bien de poser la balle sur le green et rentrer son putt après analyse des pentes. Dans ce cas, la conception du parcours plus court devra mettre en évidence la stratégie du petit jeu, la stratégie d’approche où le joueur pourra s’initier, s’entraîner, se perfectionner.« 

Yves Bureau

Par conséquent, il faut se demander si à l’avenir, la conception des golfs avec moins de trous apportera une réponse aux joueurs qui ne disposent pas suffisamment de temps pour jouer 18 trous (ex: les joueurs du LIV Tour…🤣🤣), sachant qu’au bout de 9 trous, si on s’arrête là, il y a souvent un  sentiment de frustration . Le parcours idéal pourrait-être de 12 à 14 trous, avec recherche de  variétés dans le jeu, trous  joués en dogleg gauche ou droite, avec des obstacles naturels ( arbres, étangs, ruisseaux,…), des bunkers frontaux , latéraux…..autour d’un green.

L’accueil, le service et les tarifs

Golf de Saint Jean de Monts

Là encore ce lieu se distingue de bien d’autres, par l’accueil des golfeurs (i.e. à l’accueil du golf) ainsi que par les partenaires de jeux rencontrés (i.e. toujours aimables et aidant sur le parcours). Mais aussi par le service et la qualité du Club House. Enfin, le rapport qualité du « green-fee » est quasi imbattable lorsque l’on connait les tarifs parisiens de certains golf… le parcours est magnifique et les airs d’entrainement sont à la hauteur.

The Golfiest

CELINE QUI?… CELINE BOUTIER !!!

Celine Boutier lisant un putt sur le green du 17 lors du second tour durant le « CME Group Tour Championship ».

Alors que le monde médiatique du Golf, ne s’intéresse qu’au « LIV Tour Exhibition », et ses golfeurs déjà millionnaires. Il m’a semblé beaucoup plus intéressant d’essayer de connaître un peu mieux cette championne française : Celine Boutier. D’une grande discrétion médiatique, cette golfeuse n’a cessé de progresser et d’obtenir des résultats probants. Elle fait maintenant partie des meilleurs joueuses du monde, elle est 23ième mondiale.

La naissance d’une championne

Céline Boutier (2020) qui échoue en playoff face à Minjee Lee. (Photo Christopher Pike)

Céline Boutier est née à Clamart le 10 novembre 1993, elle a une sœur jumelle (qui ne fait pas de golf) et un jeune frère. Comme beaucoup d’enfant de son âge, c’est un de ses parents, fondu de la balle blanche, qui l’initie à ce sport.

« J’ai débuté le golf grâce à mon père, qui était fou de ce sport. Il a commencé à nous emmener au club avec mon frère et ma sœur dès l’âge de 6, 7 ans. »

Celine Boutier (Forbes France)

Dès le début, elle a pratiqué le golf en parallèle d’autres activités comme la danse, la natation voire le piano. Il semble de plus en plus important, dans la formation des jeunes, d’éviter toute forme de spécialisation trop précoce (cf. le livre Range de David Epstein). Pour pimenter le challenge, il ne semble pas que ses débuts golfiques aient été tonitruants notamment parce qu’elle n’était pas forcément bonne. Et puis, au fur et à mesure de sa croissance, elle a commencé à faire des compétitions de façon plus régulière et devenir bien meilleure. Elle s’est alors concentrée uniquement sur le golf en en faisant 2 à 3 fois par semaine. Ensuite, elle rentrera assez tardivement en sport étude (16 ans) pour ensuite rejoindre le pôle France (à 17 ans). Les entrainements quasi quotidiens lui ont permis de passer un cap et d’obtenir d’excellent résultat, les principaux (son palmarès est déjà impressionnant) :

  • 2009, elle est championne de France U-16 ;
  • 2010, elle gagne deux titres en junior ;
  • 2011 est une année riche, puisqu’elle réalise en autre les performances suivantes :
    • Elle remporte l’AJGA Annika Invitational (tournoi junior pour les filles regroupant chaque année depuis 2009 les meilleurs espoirs), avec notamment un tour en 66 !!
    • Elle est finaliste de la « British Girls Cup » ;
    • Elle est membre de l’équipe Européenne Junior et participe à la Junior Solheim Cup (victoire des US en Ireland) ;
    • Avec l’équipe européenne, elle remporte le trophée Vagliano, opposition entre l’Europe et les Britanniques.
  • 2012, elle remporte les internationaux de France Junior, elle perdra au deuxième tour du « Ladies British Open » et sera éliminée au troisième tour de l’US Open par une certaine Lydia Ko.

Ces chiffres sont impressionnants, d’autant plus qu’elle a commencé le golf relativement tardivement par rapport à ses concurrentes. Par ailleurs, étant donné ses résultats, elle a été plusieurs fois membre de l’équipe de France et de l’équipe européenne comme évoqué plus haut.

Celine Boutier l’américaine !

Celine-Boutier-Duke | Golfweek
Céline Boutier lors d’un match avec l’université Duke

En 2012, ou un peu après, elle rejoint l’université US de Duke. Comme elle l’a très bien expliqué :

« Il y a vraiment plusieurs raisons. Tout d’abord, en France, après le baccalauréat, il faut choisir entre le sport et les études supérieures. Or, je voulais avoir un bagage académique solide et anticiper une potentielle reconversion, pour des raisons de santé ou de performance. Je souhaitais me développer en tant que joueuse, étoffer ma technique et renforcer mon mental. Les Etats-Unis offrent ce cadre, mêlant travail académique exigeant et préparation sportive de haut niveau. J’aspirais également à rejoindre le circuit américain parce qu’il est le plus prestigieux et le plus difficile au monde.« 

Céline Boutier (Forbes France)

Au-delà de la volonté, in fine, de rejoindre le circuit américain ; il y a cette possibilité offerte par les universités US de repousser le plus longtemps possible le choix entre le sport et les études. Ce qui est un luxe, surtout lorsque l’on veut faire une carrière sportive qui est par définition très aléatoire. L’originalité vient du fait que cette talentueuse golfeuse française est une des rare à afficher ses ambitions pour rejoindre l’élite américaine. Ça impressionne et c’est assez rare pour être souligné.

L’université de DUKE a de très bons résultats en Golf avec 7 titres NCAA (championnat par équipe) et 22 ACC (championnat par équipe de la cote est – atlantique). Elle y restera jusqu’en 2016, avec là encore des résultats impressionnants.

Je ne sais pas si elle a bénéficier du programme d’aide de la fédération française de golf qui va jusqu’à financer une petite centaine d’espoir du golf français, ou c’est sa famille qui s’est débrouillée seule.

Ses résultats, durant ses quatre années américaines, parlent d’eux-mêmes : elle a été une des meilleures joueuses du championnat de la côte Est, elle a aidé les « Blues Devil » (équipe de Duke) à gagner le titre national en 2014 et elle a également remporté le titre de meilleur joueuse universitaire cette année-là !!

Bref, Celine Boutier a réalisé ce qu’aucun golfeur français (sauf erreur de ma part) n’a réalisé. C’est-à-dire, avoir des résultats probants en junior et les confirmer, un fois au sein de l’élite universitaire américaine.

La suite, que l’on a tendance à oublier, elle rejoint le Symetra Tour pendant deux ans. Ce Tour est la seconde division américaine avec (en 2021) 20 tournois pour un « prize money » de 200 000$ environ par tournoi. Bref, un excellent apprentissage pour les futures professionnelles du LPGA Tour. Elle gagnera deux titres sur ce Tour (Self Regional Healthcare Foundation Classic et Sioux Falls GreatLIFE Challenge) et fera 8 TOP 10. Elle est la troisième de la promotion (de 2017) à avoir gagné en une seule saison plus de 100 000$. Enfin, elle a été la première joueuse française (depuis 2013) à monter sur le LPGA Tour depuis le Symetra.

Des résultats rien que des résultats

ISPS LPGA Handa Vic Open - Day 3
Céline Boutier lors de sa victoire à l’ISPS Handa Vic Open en 2019 (Photo – Michael Dodge)

Bien évidement, les résultats obtenus sur le Symetra Tour ce sont confirmés sur le LPGA Tour et sur le circuit Européen se. A ce jour, Celine Boutier est membre du TOP 25 mondial. Là encore, c’est une performance exceptionnelle. A titre de rappel, Victor Perez (un des meilleurs golfeurs français) n’a jamais dépassé la 30ième place (2020) au classement mondial.

Ses victoires sont les suivantes :

DateTournoiScoreVictoire deFinalistesTour
118 novembre 2017Sanya Ladies Open124 coupsSolar LeeLadies European Tour
29 septembre 2018Australian Ladies Classic-102 coupsKatie BurnettLadies European Tour
310 Février 2019ISPS Handa Vic Open-82 coupsSarah Kemp Su-Hyun Oh Charlotte ThomasLPGA Tour
418 Septembre 2021Lacoste Ladies Open de France-111 coupsKylie HenryLadies European Tour
53 Octobre 2021ShopRite LPGA Classic-141 coupsBrooke Henderson Ko-Jin Young Inbee ParkLPGA Tour

Sur les majeurs, Celine Boutier fait 4 Top 10 depuis 2018 :

  • US Women’s Open, T5 en 2019
  • Women’s British Open, T6 en 2019
  • Women’s PGA Championship, T7 en 2021
  • The Chevron Championship, T4 en 2022

Malheureusement, l’Evian Championship ne semble pas lui réussir pour le moment. En effet, elle n’a jamais fait mieux que la 29ième place (2021). Est-ce que l’enjeu d’être une française sur « son » majeur la fait déjouer ? Est-ce que c’est le parcours qui ne lui convient pas ?

SOLHEIM CUP 2019, la performance !!

Georgia Hall et Céline Boutier – Gleneagles, Scotland (Photo David Cannon)

Mais ce qui a, semble-t-il, sceller son aura international sont ses performances en Solheim Cup. C’est surtout lors de sa première sélection (2019) qu’elle marquera les esprit en remportant 4 points dont 2 foursomes et 1 fourball avec l’Angalise Georgia Hall. Elle remportera de nouveau le titre avec l’équipe européeene en 2021.

Mais, sa performance en 2019 (en Ecosse) n’a pas été suffisamment mise en avant. C’est sûr que tous le monde se souvient du dernier « putt » de Suzanne Petterson lui donnant birdie sur le 18 et la victoire aux européennes. Ensuite, l’espace médiatique a été fortement occupé par l’annonce de retrait du golf professionnel de la même Suzanne Pettersen (9ième participation à la Solheim Cup). Cependant, deux joueuse européennes ont gagné à elles seules 14-1/2 points à Gleneagles, Céline Boutier et Geogia Hall. Elles ont fait un 4-0-0 record pour la semaine.

Un petit rappel, Boutier et Petterson étaient des choix du capitaine…

Le duo Boutier-Hall a été un succès, remportant les trois matchs qu’elles ont joué ensemble.

« Pour venir faire ça dans sa première Solheime Cup, chapeau bas et une formidable performance, Celine. Bravo! »

Catriona Matthews capitaine de l’équipe européenne 2019 et 2021

L’idée derrière cette paire diabolique, était d’associé le très bon petit jeux et le putting de Celine Boutier à la qualité de jeux de fer de Geogia Hall.

CONCLUSION

Il est évident qu’on aimerait la voir remporter un Majeur !

Oui ce n’est pas évident. Mais elle a tout pour y parvenir : un investissement à 100%, une gestion du stress dans ce type de grands évènements, une habitude de la gagne et des performances sur le circuit le plus prestigieux, une équipe de coach au « top »…

Bref, les éléments nécessaires sont là, il ne reste plus qu’à saisir les opportunités. Je sais, j’entends déjà les cassandre me rappeler, justement, qu’elle n’a pas passer le CUT lors du dernier Majeur… C’est exact ! Mais combien de finales à perdu André Agassi avant de s’imposer ?